Ignezio Speranza - LonelyNeko
Salut clandestin !
Bienvenue dans ma grotte secrète au fin fond des ruines anciennes.


L'entre de l'esprit chat accro aux céréales bloqué dans l'armure samouraï après avoir tenté de quitter la matrice, sur ce.. dégage de là !
Cordialement.

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 Chapitre II - L'âme d'un rōnin

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Ignezio Speranza
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MessageSujet: Chapitre II - L'âme d'un rōnin   Dim 30 Oct - 0:58


Quelques minutes avant le départ, il fit le plein de livres et prit de quoi manger dans son voyage. Une fois installé dans son fauteuil, il respira un grand coup.



   
   
   



17h38 - Kyoto
L’arrivée du train, c’est pile dans cette poignée de buildings qui symbolise la ville moderne. Le dépaysement, à Kyoto et au Japon en général, tient plutôt dans cet état d'éveil un peu con qui nous fait admirer un panneau de route tout simplement parce qu'il n'est pas comme chez nous. N'ayant rien à faire pendant mon voyage j'ai pu lire "La Pierre et le Sabre" un grand roman d’aventures. Il donne en outre un aperçu sur l’histoire japonaise, et sur l’image idéalisée que se font d’eux-mêmes les Japonais contemporains. Ce qui les caractérisent, peuple du bout du monde, c'est leur énergie créative dans l'assimilation culturelle, religieuse, technologique, scientifique, artistique... Ils n'ont pas copié les cultures du continent, mais les ont recréées.

Là bas, le temps perdu est toujours un temps retrouvé. L’accent qu’il met sur la recherche de la maîtrise de soi et de la force intérieure personnelle grâce à une austère autodiscipline de type Zen constitue un trait majeur du caractère japonais. Il en va de même pour la suprématie de l’amour de la nature, et du sentiment d’intimité avec elle. C'était un après-midi doux et humide de Mars. La lumière était pâle et opalescente, l'eau ruisselait dans les bassins, tout était calme et reposant, c'est surement pour cette raison pour laquelle ce voyage m'a été conseillé. Je n'avais seulement qu'une carte et de simples indications inscrites dans un morceau de papier par Mayu' afin de m'aider à trouver un endroit où loger.

Alors que ça faisait plusieurs heures que je déambulais dans la ville à la recherche de l'adresse indiquée, un individu cria au loin «Tu me semble bien désespéré, le p'tit russe» dit-il d'un anglais étonnamment compréhensible. Je posa mes yeux vers cette homme. Un jeune homme d'environs la vingtaine, cheveux châtain plutôt longs, yeux marron, le genre assez social. Il n'était pas si grand que ça, au contraire je faisais au moins 10 cm de plus que lui « Tu ne ma pas l'air très grand, le.. comment sait tu que...» Ne me laissant pas terminé ma phrase il répliqua « Ça fait 1 heure que je t'attend, ahh.. on ne t'as jamais appris que les premières impressions étaient importante ?» «—Euh... on se connait ? » «—Je vois, Mayumi ne t'as pas prévenu ? Elle m'a donné rendez-vous ici pour venir chercher un ami russe à elle.. un gozio, je crois.. et sans vouloir te vexer tu ne passe pas inaperçu ici.» A la fois soulagé et étonné, d'un simple mouvement de la tête vers l'avant, je le salut à la japonaise en m'inclinant. « Enchanté , par contre c'est Igne...» «—Je sens qu'on va s'amuser tout les deux, zoziozio » dit-il en m'observant, agréablement surpris. « Comment tu m'as appelé là.. —Dépêche toi le soleil se couche, gnegnezio —Ign... —Au fait, moi c'est Ichizo,
Ichizo Shiro.»





   
   
   


Chaque fois que je fermais les yeux, je me disais que lorsque je les rouvrirais je verrais des murs bruns, la souillure de l'humidité; je me disais que je sentirais la puanteur de l'humanité enfermée, la sueur, la frustration, la folie de Glazov. Cependant une fois les yeux ouvert et les portes coulissantes ouvertes, mes yeux me brûlaient. Le jardin était plein des parfums et des rumeurs du printemps. Leur pureté me perça le cœur. Éclairés par le soleil, les premiers arbres en fleurs brillaient d'un éclat limpide et fragile. Comment le monde pouvait-il être à la fois si beau et si cruel ?

« Le malheur qui nous frappe ne prémédite pas son coup. Comme la foudre il nous tombe dessus, comme la foudre il se retire, sans s'attarder sur les drames qu'il nous inflige et sans les soupçonner. Si tu veux pleurer, pleure ; si tu veux espérer, prie, mais, de grâce, ne cherche pas de coupable là où tu ne trouves pas de sens à ta douleur. » Bercé par ses paroles, je me retourna vers l'homme, c'était le père d'Ichizo. « Merci de m'accueillir chez vous », dis-je en m'inclinant montrant, signe de respect. L'homme n'avait pas l'air d'être au meilleur de sa forme, cependant il prenait particulièrement soin de son dojo.« Il est très rare de voir de jeûnes gens ici, la devise de notre école est : Apprenez aujourd’hui, et demain vous vivrez.». L’atmosphère du pays m'avais suffit à me sentir beaucoup mieux, mais face aux sages paroles ma curiosité et ma soif naturelle d'apprendre a pris le dessus. Alors qu'il me faisait visiter son enceinte, il m'expliqua les valeurs et la culture de son dojo.

Après quelques jours de pratique au Kendo, pas seulement un art martial mais également un sport de compétition, aujourd'hui largement pratiqué au Japon. Pratiqué au sabre auparavant par les Samouraïs le kendo ne se résume toutefois pas à un simple ensemble de techniques et de tactiques du combat au sabre. Il comprend également un volet spirituel. Il permet à ses pratiquants de développer leur force de caractère et leur détermination. Ichizo était talentueux dans ce domaine, mais était souvent en conflit avec son père vis à vis du futur de l'école. « Malgré le caractère de mon père, nous sommes censés devenir des guerriers, pas des poètes. Les mots ne suffisent pas vraiment pour combattre un ennemi, saisit ton arme !» Alors que je n'avais encore jamais expérimenté de genre de combat, je me sentais en harmonie avec moi même. « Le premier principe, pour désarmer quelqu’un, est de s’écarter de la trajectoire de l’arme... Même si ta technique laisse à désirer, tu aura au moins évité le danger immédiat. » Avec son sabre de bambou, d'un geste fluide du poignet, il coupe en diagonale de bas en haut en direction de mon menton ;
Je n'étais pas prêt.




   
   
   



Tant-dis que je suivais des cours de progressions en japonais comme je le pouvais. Je ne tardais pas à me faire mal voir par les locaux. Cette apprentissage avec Ichizo ma permis de m'améliorer grandement, mais aussi d'en savoir plus sur lui notamment la raison pour laquelle il était en froid avec son père.

« Dans certaines écoles de sabre, on enseigne à ne pas s’accrocher à la vie, à être prêt à périr à tout instant, en affrontant la mort avec une indifférence tranquille. Cependant tous les professeurs ont eux-mêmes atteint l’âge mur sans sacrifier vainement leurs vies. 17 janvier 1995 : Un séisme dévaste Kobe et les régions d’Osaka et de Kyoto, tuant près de 6.500 personnes. Plus de 40.000 personnes sont blessées et 250.000 habitations détruites. Il s’agit du tremblement de terre le plus meurtrier depuis un demi-siècle. Ce jour là, je n'avais que 9 ans et pourtant je me souviens de ce jour comme si c'était hier. Je me baladais en ville avec mes parents quand tout à coup une secousse venant de Kobe à secoué tout Kyoto.. un tremblement de terre. J'ai ressenti les premières vibrations, puis plus rien. A mon réveil tout était dévasté.
Qu’il soit éduqué ou non, un homme manifeste son véritable caractère aux époques de détresse. C’est alors le plus fort qui survit. Des centaines de morts en quelques secondes la plupart asphyxiées sous les décombres. Ma mère me tenait toujours par la main, mais avait le bas de son corps ensevelit. J'avais beau de toute mes forces essayer de l'extraire, j'étais impuissant. Les gens mouraient si vite que je commençais à accepter la mort comme une évidence et à ne plus être impressionné par son caractère monstrueux.

J'avais beaucoup appris en observant la situation en face de la gare. J'y avais vu un vieil officier aux cheveux longs nattés, accroupi dans un coin et entouré d'enfants orphelins qui lui demandaient de l'aide. C'était tout un panorama qui s'étendait devant moi : des victimes épuisées, des médecins mobilisés, des vieillards adossés à des piliers à peine stables, des gens marchant sans but, indifférents à leur environnement, des mendiants dont personnes se souciaient. C'est alors qu'un urgentiste vint en aide à ma mère en la sortant des débris. Depuis ce jour, je me suis intéressé de plus en plus au monde de la médecine afin de ne plus jamais être paralysé face au chaos. Mon père souhaite que je reprenne la succession du dojo, il ne comprend pas mon désirs de changement. Mes jours au dojo se ressemblaient désespérément ; ils n'apportaient jamais rien, ne faisaient, en partant, que me déposséder de mes rares illusions. Alors, j'ai décidé de suivre mon propre chemin en devenant médecin, c'est ainsi que j'ai rencontré Mayumi qui étudiait ici avant de quitter le Japon. »


J'ignore comment vaincre les autres. Je sais seulement comment me vaincre moi-même, cria-t-il, en brandissant mon livre de japonais. Les adversaires réels et les plus dangereux auxquels nous sommes confrontés dans la vie sont la peur, la colère, la confusion, le doute et le désespoir. Si nous avons raison de ces ennemis qui nous attaquent de l'intérieur, nous pouvons remporter une victoire véritable contre n'importe quelle épreuves ! Feintant de l'avoir écouter depuis le début, je déclara « Dans chaque arbre, il y a une pomme abîmée, mais cela ne signifie pas que l’arbre lui-même est pourri. — Hein..?
Non rien...»





   
   
   



Pendant très longtemps, je ne suis pas retourné à Glazov, ma ville natale. Au point que je ne me souvenais même plus quand j'y étais allé pour la dernière fois. En contemplant le panorama de la ville, assis sur un banc d'un parc, il me paraissait étrange de me trouver maintenant à cet endroit. Les Russes ressemblent aux Scandinaves: ils sont peu joyeux, sans doute parce ce qu'ils sont privés de soleil, à l’exception de quelques journées glaciales en hiver. Ceci explique peut-être cela: ils ne possèdent pas l'art du contact. Du coup, ils boivent dans le but de se sociabiliser. C'est pour eux un rituel rassurant. Le problème est que les Russes sont des gens lourdingues, surtout s'ils sont alcoolisés. Si l'on aborde un sujet de conversation qui leur tient à cœur, ils sont capables d'emmerder le monde toute la soirée. Ils peuvent rabâcher le même sujet pendant des heures. Dans l'art de la conversation, la légèreté et la vélocité ne sont pas leurs points forts. Diverses pensées que j'avais oubliées m'assaillaient. C'est ici que j'ai fait mes premiers pas. Je n'aurais jamais cru que l'ambiance glaciale de ma ville natale puisse m'apporter tant de calme.

En partant, j’espérais que la situation ici s'améliore, mais je n'étais pas dupe. Je suis parti plusieurs années en abandonnant en partie, le reste de ma famille. Beaucoup de choses ont changées, mon père depuis l'accident se mit à beaucoup boire. Rien d'étonnant pour un russe vous me diriez, mais il n'avait plus aucune limite. Je me suis demandé pourquoi il avait sombré dans la consommation d'alcool et d'autres substances, mais en y réfléchissant bien c'était facilement prévisible. Quant aux jumelles, elles ont été confiées à notre tante habitant à Kaluga. Elle a gracieusement acceptée de prendre en charge les filles tout juste âgées de 11 ans. Au final, toutes ces expériences m'ont motiver et m'ont donner envie de faire quelque chose de concret de ma vie. Les paroles d'Ichizo se répétèrent dans ma tête, il avait trouvé sa voie à mon tour de trouver la mienne.

J’ai envie de servir à quelque chose et d’aider les gens. J’ai pris conscience que personne n’est à l’abri et qu’on a besoin de défendre les populations, que ce soit en Russie ou ailleurs. Pour les défendre, il faut se déployer là où se trouve la menace.  C’est exactement pour cela que je pense être fait. Etre brave était tout différent d'être féroce; je le constatais maintenant. Je ne me sentais pas comme un animal, mais un homme, un homme courageux qui a dépassé les agitations de l'adolescence. La vie qui m'a été donnée était un trésor qu'il fallait chérir, polir et perfectionner. Je ne connaissais qu'un seul lieu pouvant répondre à ces attentes et j'étais enfin prêt à le rejoindre, l'armée russe.




   
   
   



28 Juillet 2007
La Seconde guerre de Tchétchénie, un conflit armé qui opposa l'armée fédérale russe aux indépendantistes tchétchènes. La fin de l'hostilité qui dure depuis août 1999 commence à s’estomper, cependant des combats continuent encore dans la région.

L'affrontement est imminent. Combat à distance, yeux dans les yeux, le poignard au poing, le fusil en mains. Il ne faut plus faiblir maintenant. Je pourrais m'ouvrir les veines et me laisser mourir doucement, avachi dans le fond de ma tranchée. Mais je n'ai jamais eu autant envie de vivre. Et s'il le faut, je le sais, je n'hésiterai pas à me servir du couteau pour percer le ventre d'un ennemi. Je n'hésiterai pas. « Suivez les ordres et appliquez ce que vous avez appris lors de votre formations.» Alors que chacun agrippait son arme, un voix se fait entendre faiblement. « On est bien entraîné, c'est pas comme si on était réellement en guerre, ce sont juste des putains d'terroristes de merdes.», dit-il en ricanant. « Fermez-là Soldat Cole ! Ce n'est pas que vous ne sachiez rien de la guerre, avait répliqué le Sergent. Simplement vous n'en avez appris qu'une seule chose. Or la guerre c'est beaucoup de choses, vérifiez votre matériel maintenant.»

Alors qu'on se préparait à partir en patrouille, soudain en un instant, un éclair transperce l'air et touche la trachée d'un soldat allié. « Cole... BORDEL DE MERDE !», j'expedie une grenade en direction des arbres avant de chercher en vain le pouls de mon camarade. La proximité de la mort dès qu'une balle traverse un corps. Je n'avais jamais eu cette vision là, cette sensation là avant cette embuscade m'a paralysé. La vision d'un allié agonisant, ma main posée sur son cou essayant de contrôler l’hémorragie en vain, ce regard qui appel à l'aide. Instinctivement le Sergent me plaqua contre le GAZ Tigr, « — A couvert, c'est trop tard pour lui !». Les yeux humides et la gorge serrée, j’ai avalé ma salive. Je n'avais jamais pensé voir cela. Que la guerre se fasse ainsi. Et personne jamais ne m'avait préparé à cela. Ni à l'école militaire, ni ailleurs. Pourtant de la guerre, je sais bien des choses. Je connais le nom de toutes les armes, leur portée, leur puissance, leur défaut. Je sais la grande histoire des batailles. Et comme tous mes camarades, dans cette grande fresque de fureur et de poudre, j'ai choisi mes héros et mes ennemis. Il faut que je respire calmement. C’est ce qu’on dit toujours. C’est ce que dit le Lieutenant Bolgarov chaque fois qu'un soldat blessé revenez de mission en hurlant de douleur, beuglant comme un animal saigné au jarret, il lui disait : « Calme-toi, respire, concentre-toi sur ta respiration, calme-toi camarade, on est là, il ne faut pas que tu t’énerves, ça ne fera qu’empirer les choses. »

A combien de types a t-elle dit ça ? A combien de types qui sont morts quelques minutes plus tard ? La stupeur céda la place au doute, le doute devint certitude, et la certitude se mua en horreur: c'était une armée de morts. Des morts de leur propre camp, des amis d'autrefois. Les généraux avaient trouvés le moyen de ramener à la vie ceux qui avait donné la leur au cours de cette guerre infinie. Le champ de bataille résonna de cris de terreur. Énervé par ma propre inactivité, j’ai essuyé rageusement la larme qui glissait sur ma joue. Je devais chasser ces pensées et saisir mon arme. Et tenir le coup, saisissant mon fusil, je me redresse face à l'ennemi. Tir et tue.. plus que cette seule idée en tête, sois rapide. Plus rapide que les autres, tir et tue et ne fatigue jamais...
Tir et tue.





   
   
   



C'est terminé.. l'ennemi a été éliminé, mais à quel prix. La mort était quelque chose d'abstrait. Je savais que je pouvais y être confrontée mais pas de cette manière là. Je mets des pansements sur les morts et j'ampute les vivants. Il ne restait que quelques soldats russes debout et un sol jonché de cadavres. Alors que nous sécurisions la zone progressivement, ma jambe refusait de faire un pas de plus. Un des assaillants tchétchène gravement blessée m'avait agripper la cheville. Nous nous sommes regardés droit dans les yeux pendant un long moment. Des yeux comme ceux-là, j'en avait déjà vu une autre fois, c'était ceux de deux malheureux chiens accouplés dans la rue que des voyous frappaient sur la tête à coups de bâtons, des yeux où s'exprimait un mélange de soumission, de honte et de peur. C'était la deuxième fois que ces yeux me regardaient, implorant mon aide, je plonge le regard dans ses yeux en levant mon MP443 dans sa direction.

La guerre mettait sous pression, la guerre rendait fou, la guerre anéantissait, la guerre excusait tout. Il refusait de penser aux raisons de ce conflit, il obéit aux ordres pour le bien de tous, de sa Russie, de ses proches. La Russie n'est pas l'étranger ici, il en était sûr. Mais alors brusquement apparaissaient devant ses yeux ses citoyens à lui, ses paysans russes, et le doute s'infiltrait dans son esprit, son cœur s'alarmait. -Et si? Et si tout ce en quoi il avait cru si fort n'était rien d'autre que mensonge et illusion? Et s'il était vraiment mauvais par nature, l'homme, et qu'on n'y puisse rien changer? Et si? Pour la seconde fois, il ferma les yeux, s'efforçant à appuyer sur la gâchette. Les cris des blessés se mêlaient aux aboiements des chiens dans la campagne. Tout cela formait un brouhaha qui lui tambourinait dans la tête. Il lui semblait que ces voix entremêlées répétaient à l'infini la pensée qui l'obsédait: et si? Et si? Et si?

C’est vrai, cette guerre est cruelle... Quelle guerre ne l’est pas ? Même si elle n'est pas aussi destructrice que les grandes guerres; ce sont des êtres humains, la guerre c’est nous. La guerre c’est ce que nous faisons. Soudain, une main détendue se pose sur mon épaule, c'était le Sgt.Oleg Kirrlov. «On se replie soldat, des renforts ennemis approchent de notre position », énonça t-il. Je me rends compte maintenant que depuis le début de ce combat, nous l’avons suivi. Autorité calme de l’homme sûr. Nous l’avons suivi et j’ai la conviction que la seule façon de s’en sortir est de marcher où il marche, de courir lorsqu’il court. Il fallait être vif. Ne pas penser. Ne pas faiblir. Percer et tirer sans cesse.  Je calque mon pas sur le sien et, dans son ombre, ma peur se tait, mon arme se baisse.




   
   
   



24 Juin 2015 - Donbass - 09h54
La crise ukrainienne fait de plus en plus de victime. Le 12 février 2015, alors qu'un nouvel accord de cessez-le-feu a été signé à Minsk, prévoyant l'arrêt des combats et la reconnaissance par Kiev d'un statut particulier. Les combats s'intensifient à Sloviansk, l'armée séparatiste continue de progresser. Notre seul ordre, repousser l'invasion des miliciens quitte à violer le cessez-le-feu.

Positionner sur un toit, les tireurs d'élites disposaient d'une position de tir permettant de nous couvrir pendant que l'assaut était mené. Karkharov aurait préférée utiliser un SV-98 pour cette mission, faute de préparation, elle devra se contenter d'un SVD. Nous étions séparés en plusieurs escouades réduites afin d'augmenter les chances de victoire en attaquant simultanément plusieurs points différents, mais aussi pour garantir la confidentialité de l'opération. En tant qu'éclaireur, mon rôle était d'identifier le terrain avant l'attaque. Je vois des gosses qui jouent avec leurs mères pas loin. Je vois aussi des types en semblant d'uniforme qui font vaguement les guets, pas véritablement inquiets. Un type sur un promontoire, avec un mortier, si ridicule qu'on dirait un jouer d'enfant. Ivan qui faisait parti de l'escouade en tant qu'opérateur assaut les voit aussi. Les six gars de l'unité les voient, depuis deux heures que nous sommes là à les observer, tapis allongés, enfoncé dans la neige. Même si il se tenaient à distance des fenêtres occultées par des rideaux, cela n'allait pas nous arrêter.

C'est notre boulot, Go. Au moment où la montre indiquait 12 heures, il était trop tard pour eux. Vif comme l'éclair, je passe derrière un rebelle armé, glisse mon bras sous son menton, lui claquant la mâchoire tout en lui plongeant la lame de mon couteau dans son cœur. Le couteau saillant toujours de la poitrine de l'homme, j'ôta ma main, relâchant la prise sur le cou du type et lui fourrant son foulard dans la bouche. Ivan jette sa roquette dans son mortier de 60. Explosion en plein milieu du village. Nuage de terre rouge. Ils entendaient le crépitement reconnaissable d'une AK-12. Les balles font danser les rideaux avant de s'enfoncer dans le plafond en bois décoré. Se jetant à genoux, un ukrainien rebelle traversa son abri en rampant. Feu, cris. Ça commence toujours comme ça. Kroutchev faisait claquer sa mitrailleuse et nous y allons tous de nos grenades incendiaires. Ça continue toujours comme ça; le feu, les impacts, les corps qui volent. Silhouettes en feu qui courent. Pendant notre avancé, non loin de notre position un rebelle a ouvert une fenêtre en grand et, en quelques secondes, a vidé sur nous tout un chargeur de trente-deux balles. Il devait n'avoir aucune expérience au combat, son action précipitée a eu des conséquences immédiates : Une balle de SVD, a balayée plusieurs centaines de mètres, lui réduisant au silence.

Point d'extraction à deux kilomètres. L'hélico descend, la porte d'embarquement est ouverte. La seconde escouade a déjà embarquée, ce fut rapide. Les deux soldats qui se tiennent de chaque côté nous attrapent et nous hissent par nos baudriers. L'hélico décolle et fait retour sur base. J’aperçois le village en feu. J'entend Ivan discuter avec les autres, calmement, du bar dans lequel ils vont descendre ce soir. Je n'aperçois plus qu'une fumée noire qui s'élève du village. Nous avons fait le boulot. Nous sommes des professionnels. Les meilleurs à ce qu'il paraît. Il n’y a plus ni joie ni émerveillement, ni rires ni énergie, ni lumière ni avenir. L’espoir et les rêves sont réduits en cendres..




   
   
   



Le MI-8 était l'hélicoptère utilitaire de front de l'armée, conçu pour amener les troupes sur des missions longue distance, loin en territoire ennemi. Alors que nous nous pensions en sécurité. En un instant, j'aperçois avec horreur une roquette se diriger vers nous. J'ignorais si c'étais des rebelles en dessous qui prenaient l'appareil pour cible. Le pilote poussa les deux moteurs et vira pour s'écarter de la ligne de tir essayant ainsi, à l'aide de manœuvres délicates. Cependant le Mi-8, lourd et peu malléable, l'hélico ne peut éviter la roquette qui vient exploser l'arrière de l'appareil. L'hélicoptère se met alors à monter et à tourner sur lui-même comme s'il était devenu fou. Soudain, c'est la chute fatale.

Le monde ne changeait pas, la violence avait toujours existé et ne serait jamais éradiquée, les hommes mourraient sous la botte, victimes de la poigne et des atrocités d'autres hommes jusqu'à la fin des temps, et toute l'histoire humaine était celle de la violence. Comment un homme peut-il en tuer un autre, sans vraiment savoir pour quelle raison, si ce n'est qu'il porte un uniforme d'une autre couleur et parle une langue différente ? Peu importe le résultat de cette guerre, elle ne me concerne plus. Il n'avait n’avait qu’une envie : partir, devenir quelqu’un d’autre, ailleurs, se mettre en mouvement et ne jamais s’arrêter. Et pourtant plus cette part secrète de lui hurlait de s’en aller, plus il se rendait compte qu’il était prisonnier d’un seul lieu, d’une seule vie. Tout est déjà écrit, décidé. Je suis une arme dans les mains de quelqu'un, je n'ai pas le droit d'être moi même. On dirait que ce qui m'a envahi à éliminé toute courtoisie chez moi, tout intérêt pour les autres. Leurs visages et leurs expressions m'échappent, m'indiffèrent. Rien ne m'intéresse que la douleur qui est en train de m'isoler et dresser un mur de barbelés entre les autres et moi.

Je me réveille alors en sursaut, glacé et brûlé à la fois. D'immenses flammes dévorent la carcasse enchevêtrées et la chaleur intense interdit quiconque de s'approcher trop près. La fumée blanchâtre et une chaleur suffocante envahit d'un seul coup le cockpit. J'ai du mal à reprendre ma respiration. Ma gorge me brûle. J'entend à mes côtés des gémissements, je ne sais pas par quel miracle, mais mes membres étaient en mesure de bouger. Dans la bouche, j'ai maintenant un goût de sang. Me sentant compressé, je décide de ramper hors des flammes. Pendant que je luttais pour parcourir la neige, je fut rapidement surpris de voir Ivan à peine debout, mettant à l'abri les soldats un à un en les extirpant de la carcasse. L'appareil aérien était suffisamment résistant pour ne pas rendre une tel chute mortelle. Cependant, tout le monde était inconscient voir gravement blessé.

Ne voulons plus de cette vie, je profite de cette opportunité et je laisse tomber mon équipement, ma radio et tout ce qui pouvait me rappeler qui je suis. Alors que je m'apprêtais à laisse tomber ma plaque d'identité militaire, Ivan m'interpella « Ou va tu ? Non.. ne me répond pas, je savais que ce jour viendrai, dit-il en s'approchant de moi. Je pensais que tu avais changé, mais au final tu reste fidèle à toi même. » Laissant tomber ma plaque militaire sur la neige, je tente de le regarder droit dans les yeux du haut de ses 1m92. « Je rêve, ou tu essaye d'agir comme un grand frère », répliquais-je en ricanant la bouche à moitié ensanglanté. « Tu es faible, j'ai redouté ce jours depuis ton arrivé. Si tu ose trahir la mère patrie mon devoir est de t'arrêter, quitte à t'éliminer..
— Ah ! »





   
   
   



Il était presque à portée de bras d'Ignezio, et même s'il n'était pas armée, il savait qu'il fallait devoir combattre. Ignezio leva les mains en l'air, « C'est totalement inutile, tu es aussi blessé que moi, tu va quand même pas taper ton petit frè...» Ivan fonça au pas de course, tentant de le maîtriser au sol. « Un lâche, voilà ce que tu es, tu ne sais que fuir et mentir !» dit-il, en élançant un coup de poing dans sa direction. Ignezio, plus rapide avait rapidement réduit la distance en dégainant brusquement son couteau de combat. Il asséna un coup de couteau vers Ivan, qui lui parcourra l'arête du nez. Il lui expédia ensuite un direct du droit dans la mâchoire. Ivan s'étala au sol, avant qu'il ne s'en rende compte Ignezio était déjà sur lui. Il lui saisit l'avant-bras droit, le bloqua avec une clef tout en remontant le bras à quarante-cinq degrés. Il lui piétina le creux du genou et déclare en positionnant son couteau près de son visage; « Tu veux savoir la vérité ? La vérité, c'est que les gens se lassent vite de la paix. Quand les vieux ennemis ont été abattus, il leur en faut de nouveaux, et les périodes de paix n'ont qu'un seul but : préparer un nouveau bain de sang.»

Ivan, se redresse rapidement et se tint en position accroupie. Etant beaucoup plus imposant que lui, il parvient à se libérer de la prise par en dessous. En pivotant, il le heurte du dos et saisit son bras qui se rabattait. Il tourna celui-ci, rompant l'articulation au niveau du coude gauche faisant tomber la lame au sol. Privait de son arme, Ignezio était sans défense, il tenta malgré tout de lui martelait le visage de trois coups de poing enchaînés de son seul bras valide. Ivan encaissa les coups et riposta. Le jeune frère tomba à la renverse, il poursuivit son avantage en s'agenouillant sur lui pour lui balancer une autre série de coups. Tenant son genou tout en proférant un tombereau d'insultes incompréhensibles. « Je suis le crocodile, l'âme et le corps de la Russie, qui dévore ses ennemis et protège ses enfants. Je suis le loup des steppes gelées, qui sillonne les frontières et plante ses crocs dans la gorge de l'envahisseur. Je suis l'ours et le rapace qui tue ses ennemis la nuit. Pour servir la patrie. Pour la faire sortir de la nuit et la guider vers la lumière.» L'espace infime qui séparait la bravoure de la folie était un terrain que peu d'opérateurs avait foulé. Le visage ensanglanté par les multiples coups qu'il recevais, Ignezio porta sa main droite sur son arme glissée au creux de ses reins. Sa main émergea, armée d'un MP443..

Ivan gisait au sol, une blessure à la poitrine. Son gilet n'avait, de fait, pas réussi à le protéger contre cette balle. Il respirait encore, les mains crispées sur sa blessure, geignant doucement. Ignezio s'avança vers lui, le bras gauche cassé et le regarda tout en s'agenouillant au sol afin de récupérer son couteau enfouit dans la neige « Tu ne m'a pas laissé le choix..». Attiré par la fumé de l'hélicoptère, une troupe se dirigeaient vers celui-ci, probablement ennemis. Ignezio détala vers la forêt, tête baissée, sans se retourner, hors d'haleine, le cœur battant la chamade, au rythme précipité de sa cavalcade à travers la neige et les arbres. L'idée était de s'éloigner le plus possible, laissant la voix fraternelle résonner au loin. «Tu finiras par crever comme un chien, et tout le monde t'oubliera !». J'étais une bête et je ne me souviens plus. J'étais une bête et je n'oublierai jamais. Ce qui demeurait, c'était une conscience irrévocable de la bonté humaine, aussi indéniable que belle. A l'âge de trente ans il était enfin,
un homme libre.




   
   
   



22 Décembre 2015
J'avais trouvé un hotel, enfin.. c’était un bâtiment à quatre étages, aux surfaces aussi lisses qu’une immense boîte d’allumettes. De près, il n’avait pas l’air si vieux, mais il l’était suffisamment pour attirer l’attention. Il l’était sans doute déjà quand on l’avait construit. En tout cas, je ne voyais aucun autre endroit ou me poser sans qu'on ne me pose de question. L'endroit était lugubre, mais je pouvais rester hors des radars de cette manière. Je doute qu'ils soient à ma recherche, ils doivent me penser mort ou encore capturé, peu importe les événements il nierons toute violation de cessez-le-feu et justifierons surement ma disparition. J'accomplissait des travaux en tout genre, le genre de travaux que rare sont les personnes prêtent à se salir les mains, mais nombreux sont prêt à payer pour le faire faire. J’exécutais mon travail de mercenaire convaincu de ne défendre aucun régime corrompu ou autres organisations quelconque. En se fixant certaines limites et en acceptant que certains type de contrat, j'ai su me recrée une nouvelle identité, un semblant de vie.

Mais, au milieu de toute cette vie qui l'entourait, il pressentit pour la première fois sa propre mort. Il comprit que tout continuerait, que de lui rien ne resterait, que son souvenir, même entretenu par des membres de sa famille ou des amis quelques années, voire quelques décennies durant, finirait pas être oublié et n'avoir pas plus de signification qu'un bambou abattu, que cette boue incontournable. Tout cela continuerait éternellement, et lui seul ne serait plus là. Partout où il posait le regard, il voyait un monde vibrant de vie qui n'avait nul besoin de lui, personne ne s'apercevrait de sa disparition et ne garderait aucun souvenir de lui. Le monde continuerait sans lui.

Au moment de rentrer dans mon taudis qui me sert d'appartement, je m'aperçois que la poignet de la porte que je laisse habituellement légèrement relevée avant de sortir, ne l'est pas. Calmement, je pose ma main près de ma ceinture, tout en pénétrant la pièce. A peine ai-je pu totalement dégainé mon arme, que la porte se referma derrière moi, un homme masqué me braquant à bout portant. Ils étaient seulement deux. « Qu'est ce que vous foutez.. — Bonjour », dit-il en esquissant un sourire, assit sur mon fauteuil. « Nous sommes venu là pour discuter ». L'homme à proximité abaisse son arme. «C'est mon fauteu.. — Comme nous, vous avez été écrasé, bafoué et maltraité par ceux dont le pouvoir soumet injustement la population. Et comme nous, vous n'en pouvez plus ! Notre organisation croit en la liberté : celle de faire sa place dans ce monde et celle de se rebeller contre ceux qui veulent nous imposer leur volonté. Nous avons tous été témoins de la façon dont ces organisations démesurées étouffent le petit peuple. Un gouvernement a le devoir de protéger les citoyens et s'il ne le fait pas, ces derniers doivent faire respecter leurs droits », dit-il en se levant, son AK-47 tenu par la culasse. «Vous vous trompez d'endroit..» Un troisième individu débarque dans la pièce depuis la cuisine une bouteille de bière fraîche à la main, «Vous êtes bien Ignezio Speranza... ou plutôt devrions-nous t'appeler Téodor Stepanovitch ?, surpris par ses paroles, je rétorqua d'un ton plus serieux,
...qui êtes vous ?»









BB035/A16-3
Serial 037

Juin 25, 2015
Objet: Rapport d'incident

Dans la journée du 24 Juin, une section de la force 3th Russian Ground Force a été victime d'un accident, au cours d’un entrainement dans la région de Zaitseve. Durant lequel, plusieurs soldats se sont retrouvé dans un état critique. Les blessés ont été immédiatement secouru et pris en charge par une unité médicale, avant d’être évacués vers l’antenne chirurgicale avancée d'Horlivka. Le Sergent-Major Téodor Stepanovitch aura finalement succombé à ses blessures le soir même.

Un constat de décès devrait permettre aux héritiers de prendre définitivement possession de la succession, comme la déclaration de décès l’exige; Les ayants droits légaux bénéficierons du capital décès et des fonds de prévoyance militaire du défunt. De plus, comme l'exige le testament rédigé par celui-ci, l'inventaire de ses effets personnels, ainsi que l'ensemble de sa fortune sera transmit aux ayants droits; Nina Stepanovitch - Anastasia Stepanovitch résidant tous deux à Kaluga, en Russie et auront accès à ce patrimoine à leur majorité.









   
   
   



C'est sur le désert qu'ils sont apparus, comme dans un rêve, au sommet de la dune, à demi cachés par la brume de sable que leurs pieds soulevaient. Lentement ils sont descendus dans la vallée, en suivant la piste presque invisible. En tête du convoi, il y avait des hommes, enveloppés dans leurs manteaux, leurs visages masqués. Avec eux roulaient deux ou trois motos. C’étaient des silhouettes alourdies, encombrées par leurs armes lourdes, la peau de leurs bras et de leurs fronts semblait sèches.

Ils marchaient sans bruit dans le sable, lentement, sans regarder où ils allaient. Le vent soufflait continûment, le vent du désert, chaud le jour, froid la nuit. Le sable fuyait autour d’eux, fouettait leurs visages. Personne ne savait où on allait. Ils marchaient depuis la première aube, sans s’arrêter, la fatigue et la soif les enveloppaient comme une gangue. La sécheresse avait durci leurs lèvres et leur langue. Ils n’auraient pas pu parler. Ils étaient devenus, depuis si longtemps, muets comme le désert, dévasté par la guerre. Les hommes choisissaient sans regarder l’endroit où leurs pieds allaient se poser. Tant-dis que la jeûne recrue n'avait que pour se défendre, un couteau et une arme de poing marqués par la guerre. Le soldat qui menait le convoi avait une carabine au long canon de bronze noirci. Il la portait sur sa poitrine, serrée entre ses deux bras, le canon dirigé vers le haut comme la hampe d’un drapeau. Ses frères marchaient à côté de lui, enveloppés dans leurs manteaux, un peu courbés en avant sous le poids de leurs fardeaux.

Il ne craignait plus de résilier les serments, de broyer son âme dans l'étreinte de son poing; il ne craignait plus d'offenser les dieux, d'incarner l'opprobre jusqu’à la fin des âges.
Ils étaient les hommes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit, les occidentaux les appelaient la..

Global Liberation Army



A suivre..


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Chapitre II - L'âme d'un rōnin
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