Ignezio Speranza - LonelyNeko
Salut clandestin !
Bienvenue dans ma grotte secrète au fin fond des ruines anciennes.


L'entre de l'esprit chat accro aux céréales bloqué dans l'armure samouraï après avoir tenté de quitter la matrice, sur ce.. dégage de là !
Cordialement.

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 Fiche d'identité #04 - Ilan Sutherland

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Ignezio Speranza
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MessageSujet: Fiche d'identité #04 - Ilan Sutherland   Mar 22 Mar - 9:41

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Ignezio Speranza
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MessageSujet: Re: Fiche d'identité #04 - Ilan Sutherland   Jeu 8 Déc - 12:03



Mayumi
Mentale

Chacun de nous est forgé par son vécu, son entourage proche et l’univers dans lequel il évolue. Pour ma part, je ne saurais mettre en lien mes souvenirs et les traits notoires de mon caractère. Néanmoins je ne peux guère faire l’impasse sur ces derniers – dont certains sont très prononcés fort malgré moi.

Pour exemple, on me dit fière, entêtée et grincheuse. Colérique, parfois, assez grande gueule aussi. Il est vrai que les années m’ont appris à défendre mes opinions, bec et ongle au besoin. Ma formation dans le domaine médical m’a aussi permis d’augmenter la confiance que je nourris en mes propres capacités. L’égocentrisme a de bons côtés, trop souvent oubliés. La rancune et la susceptibilité comptent aussi parmi mes vilains défauts. Et ne parlons pas de ma tendance à l’effronterie malicieuse qui réussit la prouesse d’en faire sortir, beaucoup, de leurs gonds au quotidien.

Le principal bémol chez moi, celui qui m’horripile au plus haut point, reste mon instinct altruiste et compatissant. J’ai du mal à ne pas m’imaginer à la place d’un autre lorsque ce dernier traverse une mauvaise passe. J’ai conscience que ce trait de mon caractère énerve aussi souvent. Mais c’est juste plus fort que moi. Il faut toujours que je trouve excuse à tout et tout le monde, peu importe le degré de gravité de leurs actions.

Du reste, je m’estime malgré tout émotive, passionnée et joviale. Je n’oserais pas aller jusqu’à me définir de sociale, mais cela n’amenuise en rien mon penchant drôle et agréable au quotidien – tout du moins j’ose l’espérer. Je me sais aussi perspicace, loyale envers mes proches et profondément affectueuse.

Je doute fort d'avoir fait le tour complet de ma personnalité, cependant vous comprendrez surement qu'il m'est compliqué de m'épancher sur ma propre personne. Ce n'est pas si simple de s'auto-décrire sans en déformer un quelconque détail. Mais je pense que nous venons d'aborder le principal, malgré tout.
Et n'est-ce pas le plus important ?


De-Anh est une femme douce, et c'est probablement ce qu'il y a de plus remarquable chez elle. De sa voix quiète à l'éternelle expression chaleureuse peinte sur ses traits, en passant par la subtilité de ses mouvements ou sa démarche, toute sa personne semble respirer d'une incroyable douceur qui paraît inaltérable. Et pour cause ; la grande loterie de la vie lui a offert d'être une nature calme et patiente, souriante. La métisse est un sourire, un rayon de soleil pouvant illuminer une journée bien morose. Ses collègues comme ses patients l'appréciaient pour ça ; les pires nouvelles devenaient instantanément plus légères lorsqu'elles étaient prononcées par le Dr. Lynch. C'était peut-être la petite inflexion dans son ton qui redonnait de l'espoir, ou le regard bienveillant qui l'accompagnait. Toujours est-il que De-Anh avait le don de faire avaler à n'importe qui que les choses allaient s'arranger, que tout irait au mieux. Elle y croyait avant, y croit toujours à présent. Malgré la catastrophe. Malgré la vie qu'elle mène aujourd'hui. C'est une optimiste. Rien ne saurait jamais briser cela.

Sittin' here on the edge of the world, watchin' time fly like a feather on a bird. Rain can't stop me now ; things are only gonna get better as it turns.

De-Anh parle en anglais, pense souvent en vietnamien, se débrouille parfaitement dans la langue de Cervantes, jure dans celle de Shakespeare, et insulte dans celle de sa mère. D'aussi loin qu'elle se souvienne, la jeune femme a toujours été grossière. Un défaut bien laid qu'elle n'a jamais cherché à corriger, pas réellement en tous cas. Son langage de charretier fait partie intégrante de sa personnalité. C'est ce qui fait son charme, comme elle aime le répéter en riant, malicieuse comme une enfant. De-Anh est naturelle plus qu'elle n'est brute de décoffrage, directe sans être brusque. C'est une téméraire, légèrement têtue sur les bords. Le genre de femme qui, la jambe cassée, vous fera croire qu'elle est à peine foulée et qu'elle peut donc continuer sa mission ; tout en geignant en son for intérieur, en essayant de se convaincre que l'esprit est plus fort que le corps et qu'elle peut donc faire taire la douleur qui lui vrille les os. Ce petit bout, haut comme trois pommes, essaie toujours de se surpasser. Généralement pour prouver aux autres qu'elle y arrive aussi bien qu'eux, et plus probablement pour se prouver à elle-même que rien ne lui est impossible. Elle ne supporte pas qu'on la sous-estime ou que son indépendance soit remise en cause. La rancune est malheureusement un vice qui lui colle à la peau.

La fatigue est un ennemi qu'elle a depuis bien longtemps appris à combattre. Ses études et les innombrables heures de garde lorsqu'elle était résidente lui ont fait tirer un trait sur cette notion, parfois au prix de sa santé. Mais allez donc parler de sommeil a un médecin qui veille depuis plus de trente-six heures … Il vous rira au nez et vous enverra paître, prétextant que le repos n'est connu que des faibles. Et à ce jeu-là, De-Anh était la reine. Élève brillante, intelligente et passionnée par son travail, elle faisait preuve d'un sérieux considérable. Rien ne pouvait se dresser entre elle et un patient.

Ses mains sont d'une précision chirurgicale. La jeune femme ne tremble pas. Jamais. Le moindre tressaillement, le plus petit frémissement, pouvant avoir des conséquences désastreuses dans le métier qu'elle se destinait. Cette singularité est assez amusante à voir lorsque De-Anh, frileuse comme le monde, se met à claquer des dents de manière frénétique et incontrôlable. Autre fait intéressant : la demoiselle a le vertige. Se tenir sur un simple tabouret la terrorise plus qu'un chrétien devant une croix renversée ou un moyen de contraception.

La jeune femme a toujours aimé rire, elle fait par conséquent un excellent public, s'esclaffant pour les blagues douteuses comme pour celles qui ne feraient d’ordinaire pas ciller les gens. La gaieté communicative dont elle fait preuve semble sans limites. Il est vrai que faire tomber son humeur est bien difficile. Il est malheureusement tout aussi complexe de la faire remonter lorsqu'elle est au fond. De-Anh n'extériorise que peu ce qu'elle ressent. Les coups et chocs sont encaissés en silence, les déceptions ravalées, les peurs refoulées. Jusqu'à l'explosion. De-Anh est un être sensible, au fond. Plus qu'elle ne le laisse paraître derrière son enthousiasme et son dynamisme.

C'est une personne foncièrement bonne. Une altruiste terriblement fidèle, loyale. Le courage dont elle fait preuve en étonnerait plus d'un. À la voir ainsi, menue et frêle, on ne se doute pas de la détermination et de l'endurance qui l'habitent. Son sang-froid, héritage des longues heures passées un bistouri entre les doigts, impressionne bien souvent. Elle persévère constamment, analyse sereinement, observe avec perspicacité. De-Anh s'adapte facilement et s'est découvert avec le cataclysme un sens de la survie bien plus acéré qu'elle ne l'imaginait.

Physique

1m76 pour 50kg, cela vous parait-il tellement fou venant d’une asiatique telle que moi ? Improbable, je le conçois, mais pas si impensable que ça. Malgré ma relative grande taille et ma tendance à la maigreur, je revêts toutes les caractéristiques propres aux coréennes pure souche. De petits yeux bridés aux reflets mordorés, une peau claire, des cheveux mi- longs, lisses et drus. Il n’y a pas grand-chose de plus à dire. Mon nez aquilin fait partis de mes atouts physiques majeurs qui attisent ma fierté. Les contours de mon visage, un peu ronds et qui furent pendant longtemps source d’angoisse chez moi ; finirent par me désintéresser avec le temps. Mes sourcils sont fins et naturellement ordonnés. A mon plus grand soulagement je n’ai jamais eu à les épiler. Je tente quotidiennement de conserver une pédicure impeccable malgré les conditions dans lesquelles nous évoluons au bunker. A l’inverse les petites poches naturellement dessinées sous mes yeux dès ma naissance n’ont jamais disparues et sont même sans cesse rehaussées par les cernes qu'on provoquées les longues gardes de nuit aux urgences.

J’ai bien ce tatouage, s’étendant à la verticale sur tout mon flan gauche et s’intitulant "Attention is the rarest and purest form of generosity". Il a été réalisé dans une police épurée, proche du Times New Roman en italique, et il constitue une petite folie que je me suis permise de faire après ma première année passée aux USA. Une sorte de doctrine, signée Simone Veil - une militante française qui a accomplis beaucoup pour les femmes à son époque. Un petit clin d’œil à ce pays, la France, pour lequel j’ai toujours voué une grande curiosité ainsi qu’un hommage à ma mère, restée en Corée, et à ses aspirations humanistes.

D’un point de vue vestimentaire, il n’y a pas grand-chose d’affriolant à signaler. Encore moins depuis que nous avons rejoint l’intérieur du bunker. Je passe la majorité de mon temps engoncée dans des jeans près du corps et taille haute, avec simplement des chemises aux genres hétéroclites sous ma blouse médicale. Là où d’ordinaire je passais mon temps perchée sur 12 bons centimètres de talons, j’ai préféré opter pour une bonne vieille paire de basket Nike à fleur une fois au bunker.

Deux paires de petites boucles d’oreilles en diamant très banales ornent mes oreilles percées sur deux rangées. Je conserve aussi un pendentif en forme d’ourson articulé en or massif, signé par une grande bijouterie italienne, que mes parents m’avaient ramené de l’une de leur escale à l'étranger. Tout ça pour fêter l’obtention de mon premier diplôme, des années auparavant.


De-Anh est l'une de ces amies qu'il vous faudra appeler à haute voix pour espérer la retrouver, car vous peinerez à voir sa tête dépasser dans une foule. La jeune femme est une silhouette fine, frêle. Il semble qu'un rien pourrait la renverser, un coup de vent la faire s'envoler, une étreinte trop brusque la briser. Mais elle est forte, en réalité, campée sur ses jambes fuselées comme un chêne aux racines millénaires. Rien ne saurait la faire vaciller lorsqu'elle se tient debout, parfaitement droite, le port de tête altier, le cou gracile. Pas même un tremblement de terre.
Du haut de son petit mètre soixante-deux, De-Anh n'a pas l'air bien imposante. N'importe quel homme éclaterait de rire s'il la voyait serrer le poing, prête à frapper. Elle ne sait pas faire mal. Pas physiquement en tous cas. Pas sans avoir une arme entre les mains. Son endurance est en revanche sans limites. Les nombreuses heures passées en bloc opératoire lui auront appris à supporter n'importe quoi : les crampes, la fatigue, l'appel d'une vessie pleine, … Quant à son entraînement d'outsider, il aura eu le mérite de dessiner sous sa peau diaphane quelques muscles peu visibles mais dont elle est fière. Plusieurs cicatrices clairsèment sa chair. Certaines, déjà blanches, trahissent de la maladresse dont elle faisait preuve étant enfant. D'autres, bien plus récentes, lui confèrent un petit air aventureuse dont elle aime plaisanter.

Quelque chose émane de ce petit bout de femme. Quelque chose qui attire, qui captive, qui subjugue. Son visage a la douceur de l'eau calme, la chaleur d'un soleil printanier, parfaite rencontre de l'Orient et de l'Occident. Ses traits sont fins, harmonieux et correctement équilibrés. Un petit nez retroussé, héritage de ses origines vietnamiennes, surplombe des lèvres claires, pleines, dont le dessin laisse présager une voix calme et suave. Une voix un peu trop aiguë au goût de sa propriétaire. De grands yeux en amande pétillant constamment d'une malice notable viennent compléter ce charmant tableau. De-Anh ne les maquille pas. Elle n'avait que rarement le temps avant, et ne dispose plus du matériel adéquat à présent. Des cernes marquent le dessous de ses orbes sombres depuis son arrivée au bunker, défaut qu'elle a en horreur dans son métier de médecin où l'apparence est supposée mettre en confiance le patient.
De-Anh est jolie, peut-être même belle selon certains. Et pourtant la jeune femme vous dira constamment le contraire, persuadée que les complexes qu'elle s'imagine sont une réalité écrasante qui efface tout ce qu'il pourrait y avoir de beau chez elle.

Ses cheveux ont la couleur profonde des ailes de corbeaux et les reflets bleu-argentés qui les accompagnent, autre caractéristique trahissant ses origines asiatiques. Ils lui tombent en une cascade sombre et lisse sur les épaules, courant jusqu'à la naissance de sa petite poitrine. De-Anh ne supporte pas de les avoir devant les yeux, aussi les attache-t-elle dès qu'elle le peut. Elle passera son temps à glisser ses mèches derrière ses oreilles s'ils sont détachés. Plus jeune, la métisse avait tenté d'en faire quelque chose, en vain. Sa fibre capillaire trop raide s'opposait aux fers à friser comme à la laque. Elle avait fini par abandonner l'idée d'arborer belles boucles ou brushings dignes des divas de la mode.
N'ayant plus le temps de s'en occuper ou de les nourrir depuis le cataclysme, ses longueurs ont tendance à être sèches et cassantes. La jeune femme coupe régulièrement les pointes trop abîmées pour cacher cet énième défaut qu'elle est bien la seule à voir.

Un sourire franc et chaleureux vient souvent illuminer le visage de De-Anh. La jeune femme est un rayon de soleil aux traits soulignés d'une expression douce, heureuse et enjouée. Si ses yeux témoignent par moment de la dureté de sa vie depuis l'apocalypse, ses lèvres n'en oublient jamais de s'étirer dans un sourire délicieusement adorable, rassérénant, généralement accompagné d'un rire singulier, reconnaissable entre mille.


Histoire
C'était ici la vision de ce qu'était une famille traditionnelle et parfaite pour le maître de maison. Il poussa l'enfant jusqu'à l'excellence. La perfection seule était admise, d'où son acharnement perpétuel au niveau du travail scolaire et personnel. Mais comme si l'instruction n'était pas suffisante, il fallait également encourager la jeune fille en devenir à pratiquer l'art de la danse afin de posséder une grâce qui lui deviendrait bien vite naturelle. On lui choisit un parcours dans la médecine. Le père de famille qui n'en possédait que le titre lui désigna la vocation de chirurgien tout en s'attachant à ce qu'elle paraisse d'une sottise rare. Elle s'y attela avec soin tandis qu'elle rencontrait des problèmes sur le plan émotionnel. Ses humeurs changeaient avec davantage de brutalité et elle rencontrait des problèmes avec la nourriture. Elle avait beau chercher le corps aux jolies proportions qu'on lui trouvait, elle ne trouvait dans le reflet du miroir qu'un amas de graisse disgracieux et elle finit par avoir même peur d'ingérer de la nourriture. Personne ne s'en inquiéta. On trouvait à cette maigreur un certain charme. Les médecins cependant n'étaient pas de cet avis. Qu'importe. Mais les rondeurs devenant de plus en plus appréciées, l'on décida de la pousser à se nourrir afin qu'elle plaise au plus grand nombre. Ce fut un parcours périlleux et la jeune femme garda une relation conflictuelle avec la nourriture.

Poussée par Monsieur, elle se lança dans des études en médecine. C'est durant cette période qu'elle fit une rencontre qui lui fut aussi bénéfique que pénible. Elle découvrit l'amour passionné et inconditionnel, elle qui n'avait eu qu'une petite amourette durant son adolescence. Mais ce même amour, de son fait, tout d'abord idyllique se mua tendrement en une ombre menaçante. Des périodes passionnées s'entrechoquaient avec de grands conflits, meurtriers, insupportables. Ses humeurs devenaient de plus en plus changeantes et extrêmes. Elle se jetait, folle de joie dans les bras de l'être aimé, lui donnait tout et se complaisait dans les aléas simples mais tendres de l'amour. Mais lorsque venait un changement d'humeur, elle hurlait, pleurait et menaçait de disparaître. C'était un véritable fardeau. Un bel amour mais si prenant, si empoisonnant qu'il épuisait ses deux victimes sans la moindre pitié. Cette histoire, aussi belle que tragique dura cinq années entrecoupées par des ruptures brutales et des retrouvailles passionnées. Les deux âmes se dépareillaient avec le temps. Alors que son conjoint l'encourageait dans sa carrière médicale, elle était tentée par une proposition qui lui avait été faite afin d'entamer une carrière dans la danse. Précisons que le paternel n'en était absolument pas au courant, il l'aurait conduite au pilori pour cet affront.

Alors, elle tombait dans des extrêmes sans nom. Et la dysphorie était si forte qu'il fallait parfois la garder sous surveillance afin que, prise d'une folie hystérique, elle ne mette pas en danger sa propre vie. Son père finit par tout à fait l'abhorrer. Sa mère, pauvre femme sans grand esprit écoulait bien des flots de larmes en se lamentant.

Native de la ville de Twenty One, Dalyan n'a pas été directement confrontée aux problèmes rencontrés à l'extérieur du bunker. En fait, elle vécut les tragédies par procuration, à travers les récits bouleversants de victimes. Elle tenta d'apporter un certain soutien psychologique mais ses propres démons ne facilitaient pas la tâche, lui donnant une certaine antipathie. La perte de ses parents ne lui causant d'ailleurs aucune douleur, elle avait peine à imaginer ce que pouvait ressentir l'altérité face à une perte équivalente. Ainsi, lorsque l'on trouvait des orphelins, elle les accueillait chaleureusement, mais d'une façon perçue déplacée. Une gourmandise à la main, elle leur en faisait cadeau et les consolait comme si leurs pleurs eussent puisé leurs origines d'un caprice.
Cependant, elle apprit avec une profonde douleur la perte -bien que non confirmée- de la personne pour qui elle avait nourri le plus grand amour qu'elle fut capable d'éprouver. Et ce fut une déchirure. Pendant de longues semaines, elle fut un véritable fardeau pour l'équipe médicale du bunker. On l'entendait gémir, pleurer, hurler, casser et menacer. Elle fut donc sévèrement prise en charge par un thérapeute et put reprendre ses fonctions de médecin, ces dernières seules faisaient sa valeur et lui valaient d'être considérée. Autrement, pour l'immense gêne occasionnée, l'on eut probablement préféré la mettre en cellule ou la jeter dehors à coups de pieds.


Quel intérêt à connaître tout les détails de mon passé ? Il n'a rien de bien exceptionnel, pas de drames horribles, pas de choses honteuses avec lesquelles on pourrait me faire chanter, rien vraiment. Mais si vous insistez je vais vous dire les choses que vous avez à savoir, rien de plus.

Je suis née dans une petite ville au nord de la Floride, un bel État au climat agréable, une destination de vacances idéale… Ma mère avait rencontré mon père tout juste trois ans avant ma naissance, elle n'a jamais voulu me raconté ce qui c'était passé mais lorsque je suis née, il est parti. Mes parents étaient jeunes à l'époque, lorsque je suis née ma mère n'avait que vingt et un an. Vous imaginez ? C'est comme si j'allais être maman demain, c'est tout simplement impensable. Apparemment je suis le fruit d'un accident de contraception, ça arrive. Les hommes sont irresponsables parfois, il m'a tout de même reconnu comme sa fille mais n'a jamais voulu m'élever. Fils d'une famille fortuné, il était sans doute plus simple pour lui de verser une pension à ma mère plutôt qu'avoir un gosse dans les pattes. Il ne m'a jamais manqué.

Ma mère m'a élevée seule et je n'ai jamais manqué de rien. Pourtant, nous n'étions pas spécialement riche. Après ma naissance, nous avons vécu toutes les deux chez mes grands parents, c'était des personnes formidables qui ont toujours tout fait pour que je grandisse heureuse, ils s'occupaient de moi pendant que ma mère travaillait.

Alors que je devais avoir autour de mes cinq ans, ma mère nous loua un petit appartement en ville. Il faut la comprendre qu'à vingt six ans passé elle voulait s'éloigner un peu de ses parents. Mais ils n'étaient jamais loin, à quelques quartiers de là où nous habitions désormais. Comme tout les enfants, j'allai chaque jour à l'école, j'apprenais, je m'amusais avec mes amies et le soir je retrouvais ma mère.

Vous voyez ? Mon enfance n'a rien de bien extraordinaire. Mon père a essayé de reprendre contacte avec ma mère et moi alors que j'avais seize ans. Je me souviens qu'il était venu chez nous avec un bouquet de fleur et des mots d'amours pour ma mère, il disait qu'il était prêt à rattraper les années perdues, que dorénavant plus rien ne nous empêcherait tout les trois à être une famille. Enfin, le discours habituel de ce genre d'homme. Pitoyable. Je me souviens, et je souris encore à chaque fois que je repense à cette scène, lui avoir pris les fleurs des mains et les avoir jetés par la fenêtre, je me souviens plus ensuite de ce que je lui avait crié dessus mais il était parti et je lui avait claqué la porte dans le dos. Si il voulait revenir il avait eu seize ans pour le faire, maintenant il était trop tard. J'avais une vie idéale avec ma mère je ne voulais pas qu'il vienne perturber mon doux foyer. Je me souviens que ce jour ci, ma mère était un peu triste, sans doute de mauvais souvenir qui lui revenait. Mais comme elle, qui avait toujours été là pour moi, ce jour ci c'était à moi d'être là pour elle. Mis à part ce petit incident, la vie reprenait son cours comme avant.

Je poursuivi mes études en droit, je voulais devenir avocate. Je suis entrée à l'université, non loin de ma ville natale et j'y ai vécu mes deux dernières années. C'est là que j'ai rencontré mon copain. Gentil, amusant, attentionné et surtout amoureux. Il n'avait rien que je puisse lui reprocher. Il me traitait comme une princesse, me couvrait d'affection et de cadeau… Au bout de deux ans de relations nous commencions même à parler ensemble de nos projet de vie.

Un jour, il m'a fait une superbe surprise, personne n'aurait pu me dire qu'elle allait virer au cauchemar.
Il m'avait emmené en vacances, nous étions parti rien que tout les deux dans une jolie ville du non de Twenty One. Il avait loué un magnifique appartement, nous avions prévu d'y rester trois semaines. Chaque jour était magique, nous visitions la ville, il m'invitait au restaurant, nous allions au cinéma… Vraiment, des vacances parfaites, je ne pouvais pas être la plus heureuse.


Un beau titre. Il arrive fréquemment à De-Anh de se demander si des auteurs retraceraient la vie des survivants depuis le cataclysme. Sa vie. Peut-être prendrait-elle la plume un jour pour léguer son histoire à la postérité. Et dans des centaines d'années, qui sait … lorsque tout serait reconstruit, lorsque la vie reprendrait son court … peut-être ces récits passeraient-ils pour les fabulations fantasques de quelques amateurs de science-fiction ou d'uchronies.

L'histoire, ou du moins la jeunesse, de la jeune femme est loin d'être passionnante. Commune, voire même banale, seraient les termes justes pour la décrire. Rien de bien palpitant ; aucune tragédie à se mettre sous la dent ; point de revirement de situation cliché. Sa vie a toujours été un long fleuve tranquille, à son image.

De-Anh est née à Baltimore dans les années quatre-vingt-dix. Fabuleux produit d'une génération nommée Y, première enfant et unique fille du couple Lynch, venue au monde avec une cuillère en argent dans la bouche. John Lynch était un chirurgien plastique et esthétique renommé, roi et maître d'une clinique privée à la réputation prestigieuse. Sa femme Quyên était une ostéopathe spécialisée dans la médecine chinoise. Un comble pour une Vietnamienne. Les deux jeunes gens s'étaient rencontrés lors de la remise de diplôme du frère de la belle Asiatique, qui, par le plus heureux des hasards, se trouvait être le colocataire de l'Américain. Classique. Une histoire d'amour comme on en faisait tant. Fiançailles, mariage en grande pompe, belle maison, belle voiture et finalement beaux enfants. De-Anh – "De" – , la première et Dan-Bình – "Danny" – trois années plus tard.  

Certains enfants ont la chance de savoir dès leurs premières années de quoi leur futur serait fait. De-Anh, elle, avait rencontré sa vocation un matin de Noël dix-neuf-cent quatre-vingt-seize lorsque Santa Claus lui apporta de quoi jouer au docteur. Un petit coffret contenant, entre autres, un stéthoscope dont la petite ne se sépara plus durant de longues semaines. Médecin pour nounours ! qu'elle disait vouloir faire, un sourire jusqu'aux oreilles. En grandissant, les peluches avaient passé. Le goût pour la médecine jamais. Avec ses deux parents dans le domaine, le projet d'avenir de la métisse ne surprit personne.

Son entrée dans le système scolaire américain se fit sans encombre. De-Anh voulait apprendre davantage, en connaître toujours plus. En rentrant de classe élémentaire, son premier réflexe était d'ouvrir son carnet de devoirs pour effectuer tous les exercices qu'il y avait à faire. Et tant pis si cela signifiait repousser le goûter. Ses études primaient déjà sur le reste, ce qui avait le don d'amuser son cadet. Danny, casse-cou en puissance, était plus du genre procrastinateur, au grand dam de Quyên qui se faisait déjà des cheveux gris à force de se demander ce qu'elle allait bien faire de son fils. Cascadeur professionnel semblait être un métier d'avenir pour le petit qui pouvait toujours compter sur son aînée pour panser ses plaies et désinfecter ses écorchures. Demandez à De-Anh qui était son premier patient ; aujourd'hui encore, elle vous répondra « mon frère ».
Les facilités que rencontrait la petite lors de ses tests et évaluations attirèrent l'attention de ses professeurs qui encouragèrent le couple Lynch a lui faire passer quelques examens. Le verdict tomba. Ce n'était pas un cerveau que cette gamine avait, mais un moteur de Ferrari. Une jolie comparaison qui, à l'heure actuelle, fait toujours sourire la principale intéressée lorsqu'elle voit passer une voiture rouge au capot sertit d'un cheval. Arrivée en 3rd Grade, on offrit à De-Anh la possibilité de sauter une classe, ce que ses parents acceptèrent, pensant tout naturellement que leur fille n'en serait que plus épanouie. Et les résultats furent probants : excellentes notes, intégration parfaite auprès de ses nouveaux camarades de classe. Par peur qu'elle ne s'ennuie, on l'inscrivit même à des cours de musique. De piano, s'il-vous-plaît. Une passion qu'elle entretint jusqu'au cataclysme, comme pouvait en témoigner l'immense piano à queue qui trônait au beau milieu de son salon new-yorkais.

Les trois années que De-Anh passa en middle school furent aussi simples à effectuer qu'une gamme majeure. Le lycée fut par la suite le théâtre des premières expérimentations. Première soirée, premier verre. Première et dernière cigarette sous les gradins du stade. Premier amour, Sam Miller. Premier joint. Première voiture. Premier rapport sexuel sur la banquette de cette voiture. Premier petit-ami fuyant par sa fenêtre par peur de l'ire du paternel. Premier bal de promo. Tant de souvenirs, bons comme mauvais, qui emplissent le cœur de la jeune femme d'une chaleur nostalgique lorsqu'elle y repense.


En deux-mille neuf, après l'obtention de son diplôme d'études secondaires, De-Anh fit un premier pas vers son rêve de jeunesse. La classe préparatoire à l'école de médecine lui apprit bien vite à faire une croix sur le repos et sa vie de manière générale. Il fallait travailler pour exceller, et exceller pour espérer survivre par la suite. Trois années éreintantes, écrasantes, mais qui semblèrent étonnamment douce en comparaison de ce qui l'attendait. L'école de médecine fut comme une claque. Pour la première fois de sa vie, la jeune étudiante se retrouvait à ramer. Elle peinait pour rester à flots, suait sang et eau pour atteindre le podium. Quatre années. Quatre longues années qui se soldèrent pas un droit d'exercer la médecine, un titre de docteur et, plus que tout, par les plus belles phrases qui passèrent ses lèvres.

« Au moment d'être admise au nombre des membres de la profession médicale : je prends l'engagement solennel de consacrer ma vie au service de l'humanité ; je témoignerai à mes maîtres le respect et la reconnaissance qui leur sont dus ; j'exercerai mon art avec conscience et dignité, je considérerai la santé de mon patient comme mon premier souci ; je respecterai les secrets qui me seront confiés, même après la mort du patient ; je maintiendrai dans toute la mesure de mes moyens, l'honneur et les nombres traditions de la profession médicale ; mes collègues seront mes sœurs et mes frères ; je ne permettrai pas que des considérations d'âge, de maladie ou d'infirmité, croyance, d'origine ethnique, de sexe, de nationalité, d'affiliation politique, de race, d'inclinaison sexuelle, de statut social ou tout autre critère s'interposent entre mon devoir et mon patient ; je garderai le respect absolu de la vie humaine dès sa conception ; je n'utiliserai pas mes connaissances médicales pour enfreindre les droits de l'homme et les libertés civiques même sous la menace ; je fais ces promesses solennellement, librement, sur l'honneur. »

Lorsqu'elle ferme les yeux, De-Anh peut encore s'entendre déclarer ces mots. Elle avait pensé chacun d'entre eux et s'était appliquée à respecter au mieux son serment. Ses lèvres l'avaient maintes fois reformé en silence durant ses trois années de résidence à l'hôpital Johns-Hopkins de Baltimore. La jeune femme fut formée à la chirurgie par l'un des meilleurs professeurs du corps doctoral, Evan Turner. C'est à ses côtés qu'elle rencontra l'amour : la neurochirurgie. Peu lui importait la dureté, elle se fichait bien des longues journées de veille ou des quatre ans de spécialisation qui l'attendaient. De-Anh touchait son rêve du bout de ses gants chirurgicaux stériles. Le reste lui paraissait bien peu conséquent à côté de cela.

En deux-mille dix-neuf, à présent chirurgienne, De-Anh suivit son maître et ami jusqu'à New York. Le Bellevue Hospital Center devint sa nouvelle maison, la Grande Pomme son lieu de vie. Turner voyait en elle un enfant prodige qu'il pourrait amener loin. Il la voyait déjà rafler les bourses d'étude et les plus grands prix du pays. Et pour cause. De-Anh était douée. Plus que cela, elle était passionnée. Elle ne connaissait d'autre amant que la neurochirurgie.
Encouragée par son mentor, la métisse entreprit des travaux de recherche sur les prothèses biomécaniques reliées au système nerveux. Il lui sembla atteindre le sommet de la gloire lorsque Turner la sélectionna pour l'assister lors de la première pose d'un système prothétique rétinien Argus II au Bellevue. L'opération fut une réussite, les chirurgiens couronnés de succès !

Et le rêve de De-Anh se brisa.

Tout bon docteur sait pertinemment qu'il ne faut pas s'attacher à un patient. De-Anh ne dérogeait pas à cette règle. En huit ans de médecine et quatre ans d'exercice, elle n'avait jamais noué de lien autre que professionnel avec un malade. Malgré la douceur et la bienveillance dont elle faisait preuve au quotidien, la limite entre médecin et patient avait toujours été respectée. En rencontrant Noah, les choses s'étaient confondues. Elle avait passé trop de temps avec lui. Elle savait pourtant que cet enfant ne méritait pas un traitement de faveur. Qu'il n'était qu'un malade parmi tant d'autres. Que sa famille n'était qu'une famille comme elle en croisait chaque jour. Alors pourquoi s'était-elle attachée à ce gamin comme à un parent ? Pourquoi avait-elle promis que les choses allaient s'arranger, que tout irait au mieux ? Pourquoi avait-elle offert son sourire confiant aux parents du petit garçon ? Pourquoi avait-elle fait une promesse qu'elle n'allait pas tenir ...

La tumeur cérébrale était un classique de la neurochirurgie. De-Anh était suffisamment confiante pour ne pas craindre cette opération. Avant de commencer, elle avait levé ses grands yeux sombres vers Turner, qui jugeait les capacités de sa protégée depuis la salle d'observation reliée à la salle opératoire. Elle se souviendrait toute sa vie du regard fier qu'il lui avait lancé … Comme elle se souviendrait toute sa vie du bruit écœurant du moniteur lorsque les signes vitaux chutèrent. De la panique qui l'avait saisie lorsqu'elle avait compris ce qu'il se passait. De la voix lointaine de l'assistante qui la pressait, suppliait d'arrêter le massage cardiaque. De Turner qui l'attrapait par les épaules pour la sortir du bloc en lui répétant que ça irait, tout irait bien à présent. De son corps qui tremblait comme une feuille morte menacée par les vents alors qu'il n'avait jamais ne serait-ce que tressailli auparavant. Des larmes qui roulaient sur les joues de la mère de Noah, du désespoir qui déformait le visage du père. Du nœud qui serrait ses entrailles. Des mots les plus durs qu'elle avait jamais prononcés.

Perdre un patient fait partie intégrante de la vie d'un chirurgien. Noah n'était pas le premier. Mais Noah était différent. De-Anh lui avait menti. À lui. Ses parents. À elle-même.

Elle abandonna la neurochirurgie le jour suivant pour se tourner vers la médecine générale. Turner essaya de la raisonner des jours, des semaines durant. En vain.

Le cataclysme bouscula tout. Six mois déjà depuis sa fuite de New York en compagnie de Wayne. De-Anh s'acclimata comme elle le put à son semblant de vie dans le Bunker A. Quelques hauts-gradés tentèrent de la convaincre de prendre une place de chirurgienne au sein de l'abri. Le refus qu'elle leur servit fut catégorique. Elle serait bien plus utile sur le terrain. Elle le savait.
Et la jeune femme le prouve bien à présent.


Nikolai
Histoire

Ma mère était une femme que j'admirais. Jamais je n'ai rencontré qui que ce soit possédant le même courage, la même force et la même persévérance qu'elle.
Née en Norvège, dans l'une de ces régions glacée proche de la Laponie, elle devint, comme beaucoup d'autres cette année là, orpheline à l'âge de 6 ans après un hiver bien plus rude que les autres. Recueillie par un petit organisme bénévole et religieux d'un village en marge de la société, il ne fut pas étonnant de découvrir que ce dernier fût incapable de fournir à tous ces enfants une éducation et un avenir prometteurs. Elle travailla très vite, puis à peine âgée de 14 ans, du quitter cet endroit pour prendre son indépendance.
Adolescente jeune mais bosseuse, elle obtient un travail auprès de pécheurs du village, peu payé mais qui lui permit de vivre. De survivre. Peu à peu, elle accumula de l'argent, de l'expérience, prit de l'âge. Elle devint une femme belle, respectée, aimée, mais elle resta seule. Malgré de nombreux prétendants, elle n'accepta jamais la moindre relation sentimentale. Elle ne croyait pas en l'amour, elle ne croyait pas en autrui. Habituée à se débrouiller seule, ma mère n'avait de confiance en personne, et je la soupçonnais de craindre même de se lier à qui que ce soit. De dépendre de qui que ce soit. Imaginez alors que tomber enceinte après une soirée trop fraîche n'était pas du tout dans ses projets, car incapable financièrement d'avoir à charge un enfant, il lui fallut bien vite accepter la présence de mon paternel dans sa vie, quelque chose qui lui déplaisait fortement.
Cet homme, elle ne l'aimait pas. Pourtant, elle l'épousa, par manque de choix également. Plus que par besoin d'argent, vivre dans une communauté si traditionnelle ne lui permettait pas d'être mère célibataire. Il lui fallait un homme, et cet homme savait qu'il ne pouvait la déshonorer, même  s'il ne tenait pas davantage à elle. Elle était séduisante et désirée, mais le manque d'attention qu'elle lui portait lui déplut rapidement, et cette relation ne fonctionna pas. Il partit souvent, la trompa régulièrement, et finalement ma mère m'éleva seule.
Comprenez, après tout ce que je viens de conter, que je fus élevée dans un environnement plutôt austère. Ma génitrice m'inculqua tout ce qu'elle avait apprit, les connaissances qu'on lui avait légué comme les leçons dont elle avait d'abord fait les frais, et elles étaient nombreuses. Ne faire confiance à personne, ne compter que sur soi, ne pas pleurer, ne pas se venger, ne pas se battre, ne pas céder aux menaces, ne pas répondre aux insultes, garder la tête haute, travailler, mériter sa vie, économiser, ne pas se plaindre, aider son prochain. Des règles parfois difficiles mais toujours justes, et même si, jeune, je la trouvais dure, je la remercie désormais de tout ce qu'elle m'a apprit.

Je me rappelle d'une enfance heureuse. Je n'avais peut-être pas tout ce que je désirais, je n'avais pas de nombreux repas,de jouets ou de télé, mais j'aimais ma vie, et je m'en contentais. Ceci fut le cas jusqu'à un jour de février durant ma onzième année où, lors d'une avalanche, je perdis tout ce que je connaissais. Ma maison, mes affaires, ma mère.
Seule et perdue, mon père me consola de mon malheur en revenant s'impliquer dans ma vie, apparences obligent.

Il ne m'appréciait guère. Lui, à l'instar de ma génitrice, ne désirait pas d'enfants, cependant contrairement à elle, il n'avait jamais voulu s'occuper de moi dans mon enfance, et cette obligation ne l'enchantait pas davantage maintenant qu'il était mon seul tuteur. Cette responsabilité ne lui plaisait pas plus qu'il n'avait jamais désiré de fille. Eleonor se changea en Leo, et je passais les 6 années suivantes à supporter son rejet, dans un pays que je ne connaissais en rien. J'avais quitté mes plaines enneigées et les sublimes aurores boréales pour rejoindre un pays 40 degrés supérieurs à ce que je connaissais, industrialisé et catholique, moi qui avait été élevée dans le folklore scandinave. Tout allait pour le mieux.
Nous parlions peu et nos relations se contentèrent toujours du strict minimum. Je mangeais séparément et passais pas mal de temps seule, dans ma chambre ou à l'extérieur. L'avantage était que j'avais beaucoup de libertés, je faisais ce que je voulais. L'inconvénient était une indépendance peut-être un tout petit peu précoce, quoi qu'elle me forgea pour les événements de l'année 2021. Dans un sens, un mal pour un bien.
Les seuls instants que je partageais avec cet homme étaient lorsque ce dernier rentrait blessé. Coureur de jupons, peut-être un peu bagarreur, il était régulier de le retrouver assis à la cuisine, peinant à recoudre son arcade seul, le genoux en miette ou l'épaule déboîtée.
M'occuper de lui me fit découvrir les rudiments de la médecine, que je cherchais très vite à approfondir à l'aide d'ouvrage plus ou moins anciens. Je découvris les sciences, me passionnais d'anatomie, et demandais bien vite à poursuivre des études médicales sans que jamais mon vœu ne soit exaucé par lui. A 16 ans, cet enfoiré choisit de me mettre dehors et me contraignit à poursuivre le parcours de ma mère. Vivre et me débrouiller seule, adolescente. J'ai pu me faire de l'argent grâce à de nombreuses soirées de jeux, où je finis rapidement par me faire une réputation, et ai ainsi pu me payer mes études.

Comprenez que lors de cette contamination, je ne fus pas aussi prise au dépourvu que d'autres. Je savais vivre sans eau chaude, sans électricité, seule, me rationner, me soigner, m'adapter, survivre. Jamais je n'aurais cru que mes acquis obtenus avec mes deux parents me permettraient de faire face à de tels danger, mais je suis heureuse de découvrir ... que j'y arrive. Mais malgré cet esprit solitaire que j'ai hérité, je pense avoir besoin de rejoindre d'autres survivants, sinon quoi je risquerais bien d'arriver à cours de ressources.


Physique

Vitaly, avant tout, il a une tête de méchant. Un air antipathique de premier abord, façon "resting bitchface". Physiquement même, il à un profil  de cliché d'antagoniste de film. Il n'a pas a faire trop d'effort pour faire ressortir son coté d'ancien mafieux russe. Alors a l'inverse il tente plutôt de porter des vêtements qui n'en rajoute pas à l'image. L'imaginaire travaille vite et il n'a pas besoin de conflits par rapport a son apparence. Généralement sa façon de s'habiller reste dans le simple et sobre, sans trop de recherches de style supplémentaire. Des vêtements dans les ton bleu blanc ou gris la plupart du temps.

Malgré tout il n'est pas très grand. Il est cossu, plutôt globalement carré mais pas grand. Peut être que ça contribue à lui donner un air teigneux, sa taille. Il culmine à 1m72, ce qui carde peut avec l'image du russe façon armoire à glace que nous vend la culture populaire. Mais il a ce qu'il faut de muscles pour rattraper le coup. Faisant de la musculation depuis peu il avait les bras a la musculature dessinée, mais ce n'était pas le cas de son torse et son ventre. Raison de plus de ne pas s'exhiber torse nu devant tout le monde. Il fallait dire que la vie de gang laisse aussi quelques cicatrices apparentes en plus des nombreux tatouages réglementaires de la Bratva présent le long de ses bras, sur ses mains et sur l'avant de son corps. On avait donc un russe peu grand, carre, musclé des bras mais pas du torse et couvert de tatouages. Avec cela il fallait ajouter qu'il avait la peau claire et qu'il ne bronzait presque pas ou difficilement. Il faisait une allergie au soleil bénine, du genre qui fait des plaques rouge qui démangent lorsqu'il reste trop longtemps exposé.

De visage il avait des traits slaves. Des traits droits, une mâchoire carrée, des yeux clairs. La couleur de ses yeux tenait du bleu gris un peu incertain et il se vantait de pouvoir menacer les gens en les fixant les yeux dans les yeux en prenant un air suffisamment agressif. Air qui lui collait à la peau par moments étant donné comment il était expressif. Mais bon on ne lisait pas dans son regard quelque chose de particulier, aucune étincelle d'intelligence folle. Il avait souvent le visage mangé par une petite barbe laissée négligemment mais jamais trop longue. Elle était du même blond que ses cheveux, coupés de façon étrange, épais au dessus, ras sur les cotés. Il lui était arrivé plusieurs fois de se faire coiffer par des collègues, manquant parfois de moyens. Ou manquant de confiance envers les coiffeurs. En tout cas le plus remarquable dans son visage ce n'était pas ce choix de coiffure, mais cette balafre qui coupait horizontalement son visage et passant par dessus un oeil.

Vitaly ne payait pas de mine et avait une démarche campée sur des jambes toujours un peu écartées, le buste droit. Un on ne saurais quoi lui donnant des airs de brute teigneuse, peut être son front large et son regard enfoncé sous des arcade sourcilières droites..
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Fiche d'identité #04 - Ilan Sutherland
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